Poeme de Lison
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Celui qui a vu mourir le monde
CELUI QUI A VU MOURIR LE MONDE
Le vieil homme est assis
Il scrute la mer tel un pécheur guettant l'hameçon
Il reste là, des heures, transi
Le regard à l'horizon
Son dos croule sous le poids des années
Il a vu mourir le monde, l'homme
Ses mains sont blanches et ridées
Il a vu mourir le monde, l'aîné
Il est seul depuis longtemps
Tout est gris autour de lui
Il n'a pas vu passer le temps
Il a filé et s’est enfuit
Il se lève péniblement
Ses genoux craquent, il soupire
Elle est là, tout prés, il la sent
La mort qu'il guettait au loin, il la voit venir
Emporte-moi, dit-il, emporte-moi !
Je veux quitter cette Terre, ce monde
Là où à la place des fleurs poussent des bombes
Là dans les déserts où le sable blanc
Est remplacé par le rouge éclatant du sang
Emporte-moi, dit-il, emporte-moi
Là où le soleil se lève
Là où l'on peut entendre le chant des oiseaux
Là où personne n'est rongé par la fièvre
Là où les gens naissent libres et égaux
Je ne veux pas d’un monde parfait
Je ne veux pas d'un monde faux
Je veux juste un monde vrai
Avec ses défauts les plus beaux
Publié le 06/07/2008
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