Poeme de Lison
A contre-temps
Le cœur d’un homme, c’est comme un métronome
Il court après le temps battement après battement
A chaque silence il continue, pour avoir de l’avance l’instant venu
Cet instant, c’est quand il doit faire le grand saut
Ne plus suivre Maestro, créer son tempo
Plonger dans la vie, se faire tout petit
Aller de l’avant, suivre les plus grands
Peu importe la norme, passer l’uniforme, être conforme sous toutes les formes, personne ne sait pourquoi c’est la loi, c’est comme ça
Ca y est, il est comme tout le monde, cela n’aura pas mis longtemps, juste quelques secondes
Il commence le morceau, vient maintenant l’Allegro
C’est lui la vedette, le véritable interprète
Son moment de gloire, au singulier, qu’il répétait devant son miroir, plus seul que jamais
Seulement, il n’est plus le seul à jouer, forcément, c’est évident
Ils sont des milliers, à marcher au pas, rendre vivant ce morceau qu’ils connaissent tous déjà
Furieux, il s’emballe, cassant le rythme, rompant le pas
Il se fait la malle au moment crucial
Triste, anéanti de s’être fait tromper par cette patrie
Il sait qu’il va partir, quitter ce monde en martyr
Cette victoire, il ne l’oubliera pas, ses descendants suivront ses pas, il le sait, il le croit
Il pense une dernière fois à ce morceau, qu’il aimait tant jouer décalé, à contre-temps
Il sait que c’est la fin, dignement et heureux, il s’éteint…
A contre-temps.
Publié le 06/07/2008
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