citation-proverbe.com

Citations    proverbes    Dictons    Poemes    Auteurs    Vos poemes    Ebooks   

 
 
Accueil
Citations
proverbes
poeme
Dictons
Auteurs
Vos poemes
Livre
Forum
Livre d'or
Contactez citation-proverbe
 Retrouvez nos partenaires
Ambassade et consulat
Call center france
Aquariophilie Poisson
Lawyer Chicago
Creation de banniere
échange de bannières
plus d'infos

 
 
 

Poeme de Auguste BRIZEUX



Le départ d'un fils

Je crois l'entendre encor, quand, sa main, sur mon bras,
Autour des verts remparts nous allions pas à pas :
" Oui, quand tu pars, mon fils, oui, c'est un vide immense,
Un morne et froid désert, où la nuit recommence ;
Ma fidèle maison, le jardin, mes amours,
Tout cela n'est plus rien ; et j'en ai pour huit jours,
J'en ai pour tous ces mois d'octobre et de novembre,
Mon fils, à te chercher partout de chambre en chambre :
Songe à mes longs ennuis ! et, lasse enfin d'errer,
Je tombe sur ma chaise et me mets à pleurer.
Ah ! souvent je l'ai dit : dans une humble cabane,
Plutôt filer son chanvre, obscure paysanne !
Du moins on est ensemble, et le jour, dans les champs,
Quand on lève la tête, on peut voir ses enfants.
Mais le savoir, l'orgueil, mille folles chimères
Vous rendent tous ingrats, et vous quittez vos mères.
Que nous sert, ô mon Dieu ! notre fécondité,
Si le toit paternel est par eux déserté ;
Si, quand nous viendra l'âge (et bientôt j'en vois l'heure),
Parents abandonnés, veufs dans notre demeure,
Tournant languissamment les yeux autour de nous,
Seuls nous nous retrouvons, tristes et vieux époux ? "
Alors elle se tut. Sentant mon coeur se fondre,
J'essuyais à l'écart mes pleurs pour lui répondre
Muets, nous poursuivions ainsi notre chemin,
Quand cette pauvre mère, en me serrant la main :
"Je t'afflige, mon fils, je t'afflige ! Pardonne !
C'est qu'avec toi, vois-tu, l'avenir m'abandonne :
En toi j'ai plus qu'un fils, oui, je retrouve en toi
Un frère, un autre époux, un coeur fait comme moi,
A qui l'on peut s'ouvrir, ouvrir toute son âme ;
Pensif, tu comprends bien les chagrins d'une femme :
Tous m'aiment tendrement ; mais ta bouche et tes yeux,
Mon fils, au fond du coeur vont chercher les aveux.
Pour notre sort commun, demande à ton aïeule,
J'avais fait bien des plans, - mais il faut rester seule ;
Nous avions toutes deux bien rêvé, - mais tu pars ;
Pour la dernière fois, le long de ces remparts,
L'un sur l'autre appuyés, nous causons, - ô misère !
C'est bien, ne gronde pas... Chez la bonne grand'mère
Rentrons. Tu sais son âge : en faisant tes adieux,
Embrasse-la longtemps... Ah ! nous espérions mieux. "


Marie


Retour au poeme de Auguste BRIZEUX
Retour à la liste des auteurs
Offrir  gratuitement ce poeme  Offrir gratuitement ce poeme

 

 

 
  
membres

 
 


© COPYRIGHT 2007-2008 Tout droits réservés - CITATION-PROVERBE.COM  |  Gestion de site

Poeme   Africain   Algerien   Allemand   Amitié   Amour   Dicton  |   Mentions légales  
  Topsites Kit-GraphiK
Admin